Chauffage central ou air pulsé

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Chauffage central ou air pulsé: quelle différence?

À bord de nos camping-cars, il existe deux systèmes concurrents de chauffage : à air pulsé ou à fluide caloporteur. S’il n’est guère envisageable de changer de chauffage une fois acquis le camping-car, il est nécessaire de bien connaître leurs caractéristiques propres, pour pouvoir faire la différence lors de l'achat de votre véhicule.

Pour commencer, ce qui distingue le chauffage à air pulsé et le chauffage central, ce sont bien sûr leurs modes de fonctionnement. Voici en deux mots ce qui caractérise ces deux familles équipant la plupart des camping-cars.
• à air pulsé: la diffusion de l’air chaud se fait par une soufflerie. Il représente presque 80 % du marché, plus souvent de marque Truma.
• central: fonctionne selon le principe du chauffage central domestique. Ce secteur est dominé par l’équipementier Alde.

Tous les deux au gaz
Dans les deux cas, le brûleur est alimenté au gaz, mais les calories qui en sont issues sont exploitées de manière différente. Dans le premier, l’air est directement chauffé par le brûleur, tandis que dans le second, c’est le fluide caloporteur, chauffé par le brûleur, qui chauffe l’air à son tour. Une fois l’air chaud, il reste à le diffuser dans l’habitacle.
  Voir aussi notre article: Tout savoir sur le chauffage à bord des camping-cars, en cliquant ici

Diffusion de la chaleur par air pulsé
Avec un système à air pulsé, il est poussé par un ventilateur dans un réseau de conduites qui débouchent en différents endroits du véhicule. C’est simple à installer et cela ne demande pas de préparation particulière quant à la structure du plancher ou du mobilier.

Chauffage central : un système complet
Avec un système à fluide caloporteur, les choses sont un peu plus complexes. Il faut installer un circuit complet comprenant des convecteurs placés à des endroits précis. Par ailleurs, un échange doit se faire entre l’air ambiant et les convecteurs, ce qui demande une conception particulière du mobilier. En effet, la convexion naturelle – le mouvement naturel d’air qui veut que l’air chaud monte, entraînant l’air froid dans son sillage – ne doit pas être empêchée. Des passages libres doivent donc être aménagés entre les parois de la cellule et le mobilier, aussi bien haut que bas, permettant la libre circulation du flux d’air.

Deux systèmes efficaces
Question performances, précisons que ces deux systèmes passent haut la main l’épreuve de la ­circulaire sur l’homologation des véhicules de loisirs voulant que, pour une température extérieure de 0 °C, la ­température intérieure de 20 °C soit ­atteinte en deux heures. Dans ce domaine, le système à air pulsé est plus rapide que le chauffage central. En effet, l’air chaud arrive de manière presque instan­tanée pour peu qu’on le ­pousse au maximum de sa capacité de chauffe. Le chauffage central, par contre, profite d’une meil­leure inertie dans la ­mesure où il continue de produire de la chaleur même après ­l’extinction de la chaudière, jusqu’au refroi­dissement complet du fluide. Notons au passage qu’il est possible, en option, de disposer d’un échangeur thermique qui commencera à chauffer le ­fluide ­caloporteur au roulage, via le li­quide de refroidissement du porteur. La température ambiante recherchée sera donc plus rapidement atteinte à l’étape. Mais ces deux types de chauffage marquent aussi leur différence en termes de qualité de l’air chaud qu’ils produisent. Avec l’air pulsé, il faudra s’accommoder d’un air sec et recyclé tandis que, dans le cas du chauffage central, l’air n’étant pas soufflé, il conserve une relative humidité.

Pas le même coût
S’ils ne jouent pas sur le prix unitaire de la chaudière, les spécificités de l’un et de l’autre de ces systèmes ont une influence sur les coûts. Il n’est d’ailleurs pas innocent que les constructeurs positionnent leurs véhicules sur les différents segments du marché également en fonction du type de chauffage adopté. De manière générale, le chauffage central reste l’équipement par excellence des modèles haut de gamme. En effet, ses convecteurs et ses cana­lisations en métal viennent alourdir la facture en même temps que le poids des véhicules; des contraintes qui ont moins ­d’im­portance sur de grandes unités poids lourd. Par ailleurs, sur un véhicule de 12,00 m de long avec des séparations bien marquées entre les postes, la solution de chauffage par convecteurs est tout indiquée. Elle permet d’obtenir une température ambiante homogène dans tout le véhi­cule, ce que ne pourrait pas garantir un chauffage à air pulsé. Alde a en outre ­développé des solutions techniques permettant de régler la température de manière différenciée en plusieurs endroits du camping-car grâce à des thermostats. Mais ce type d’installation offre également d’autres possibilités, comme l’insertion de conduites dans le plancher ou encore sous les ­sièges conducteur et passager.

Chauffage central ou air pulsé, le match

  L’installation du circuit de chauffage : avantage air pulsé
La conception du circuit d’un chauffage à air pulsé le rend très simple à installer dans un camping-car. Contrairement à un chauffage central, il ne demande pas de conception particulière pour le mobilier.

  Qualité de l’air : avantage chauffage central
En matière de qualité de l’air ambiant, tout vient de la manière dont la chaleur est communiquée à celui-ci. Le chauffage central chauffe l’air ambiant par convection naturelle de l’air froid vers l’air chaud, ou de manière plus imagée du bas vers le haut. L’air chaud conserve ainsi un taux d’humidité relatif, ce qui n’est pas le cas lorsqu’il est soufflé comme avec un chauffage à air pulsé.

  L’entretien : avantage air pulsé
Côté entretien, l’air pulsé est le champion de la sobriété. On le met en marche… et c’est tout. Pas de pièce à changer régulièrement et aucune visite chez un spécialiste à prévoir. Les plus scrupuleux pourront procéder au dépoussiérage du ventilateur une fois par an. Par contre, un dispositif de chauffage central nécessite une vidange du fluide caloporteur tous les deux ans chez un distributeur de la marque.

  Consommation de gaz : égalité
Sur le papier, les valeurs de consommation données par les équipementiers ne marquent pas de différence significative au regard des performances. En hiver, à la montagne, comptez trois à quatre jours d’autonomie pour une bouteille de 13 kg.

  Consommation d’électricité : avantage chauffage central
La faible consommation en électricité du chauffage central tient au mode de diffusion de la chaleur par convection naturelle. L’électricité ne sert qu’à alimenter la pompe de circulation du fluide caloporteur; le mouvement des masses d’air fait tout le reste du travail. Tandis que dans le cas du chauffage à air pulsé, l’électricité assure le fonctionnement du ventilateur chargé de diffuser l’air chaud dans les conduites du circuit.

  Encombrement : égalité
Les deux types d’appareil sont des deux-en-un : production de chaleur et production d’eau chaude. Le système de chauffage du fluide caloporteur est très légèrement moins volumineux mais cela n’a pas d’impact significatif sur l’encombrement de l’appareil.

  Coût : avantage air pulsé
Le prix des deux chaudières est relativement proche. C’est au niveau des éléments rapportés que la différence se fait. Si le système à air pulsé requiert des conduites techniques devant résister à la chaleur, les matériaux utilisés restent bon marché et leur installation s’avère relativement simple. Pour le chauffage central, la note grimpe du fait des convecteurs et d’un circuit plus complexe à installer.

  Mode de diffusion de la chaleur : avantage chauffage central
La convection naturelle mise en œuvre dans le cas du chauffage central assure une répartition homogène de l’air chaud, comme à la maison. L’air froid en position basse est chauffé par les convecteurs. Une fois chaud, il monte naturellement le long des parois, puis redescend quand il refroidit. Puis le cycle recommence. Avec un chauffage à air pulsé, l’air chaud se trouve concentré au niveau des bouches de sortie du circuit et se répartit de manière hétérogène dans l’habitacle.