Gaz anesthésiant

ENQUÊTE

Gaz anesthésiant: le commandant de gendarmerie prend l'hypothèse au sérieux

Gaz anesthésiant: le commandant de gendarmerie prend l'hypothèse au sérieux435837294789426489

A l'occasion d'effractions contre des camping-cars commises sur des aires de l'autoroute A75, la Gendarmerie enquête sur l'hypothèse d'une attaque aux gaz anesthésiants. Nous avons interrogé le commandant de Gendarmerie chargé de l'enquête, qui nous a assuré prendre cette hypothèse au sérieux. Sans pouvoir apporter aucune conclusion pour l'instant.

"Les cambrioleurs de camping-cars utiliseraient un gaz anesthésiant". C'est le titre d'un article paru sur le site internet du journal la Montagne le 4 juillet 2018. En cause: de mystérieuses effractions commises de nuit à bord de véhicules de loisirs stationnés sur des aires d'autoroute A75… au nez et à la barbe des propriétaires qui dormaient à l'intérieur. La suite est racontée par La Montagne:

"Le lendemain, le réveil était difficile. La tête lourde, "les yeux qui piquaient", témoigne la victime. Les deux vacanciers avaient stationné, la veille, leur véhicule sur l'aire de repos de Garabit, dans le Cantal. Au matin, ils prenaient conscience que l'intérieur du camping-car avait été entièrement fouillé."

Cette nouvelle est parue quelques jours après notre propre article au sujet des gaz soporifiques. Dans cet article, nous rendons compte de la vidéo tournée par un camping-cariste, Good Meuh. Après avoir interrogé un médecin anesthésiste et divers membres des forces de l'ordre, Good Meuh doute du recours à un tel produit chimique. Ses arguments nous paraissent sensés, aussi avons-nous publié ce compte-rendu que nous vous invitons à lire (en cliquant ici).

Dans son récit des effractions commises sur l'A75, le journaliste de la Montagne cite le nom du capitaine Monot. Commandant de l'Escadron départemental de sécurité routière du Cantal, c'est lui qui supervise l'enquête menée par l'officier de police judiciaire. Nous avons donc décroché notre téléphone pour lui demander son avis sur le gaz anesthésiant.

L'hypothèse du gaz anesthésiant est-elle prise au sérieux?

Oui, mais on n'a aucune certitude. Les éléments recueillis lors des auditions laissent penser que… Mais nous n'avons pas d'autre élément. Notez que si gaz il y a, ce n'est pas un gaz soporifique. Tout ce qu'on sait, c'est que l'une des victimes, le lendemain, a eu le sentiment d'être un peu bizarre. C'est pour ça qu'on a émis l'hypothèse.

Des examens scientifiques ont-ils été menés pour valider ou exclure cette hypothèse?

Non. D'abord, beaucoup de ces effractions ne sont que des tentatives. Sur notre département, on a eu deux vols, dont un où les victimes n'ont pas déposé plainte.

On peut donc rassurer les camping-caristes?

Le plus important, c'est de faire de la prévention. Il y a quelques petits trucs à faire, pour ne pas attirer les voleurs. Se regrouper en milieu éclairé, sortir des aires d'autoroutes, et ne pas laisser en évidence les sacs, appareils photos… Tout ce qui se revend facilement. Nous avons édité un flyer pour informer les camping-caristes. Parce qu'en été, c'est récurrent. Ce sont souvent des camping-caristes étrangers, qui traversent la France pour se rendre sur leur lieu de vacances. C'est la poule aux œufs d'or pour les malfrats de la route.

Lire notre article
Autoroutes: comment prévenir les attaques de camping-car

20/07/2018 10:19 par Antoine Chapenoire